5 - MATHEMATISATION DE LA NATURE

 

La nécessité oblige l'esprit du peintre à se mettre à la place de l'esprit même de la nature, et à se faire l'interprète entre la nature et l'art ; il recourt à celle-ci pour dégager les raisons de ses démarches assujetties à ses propres lois.

L'oeuvre de Léonard tient sa réalité de la profondeur organique du vivant à laquelle il participe, comme de la technologie susceptible d'en (re)produire la complexité. Pour Léonard, dessiner et comprendre est indissociable de créer et construire. Le regard est son exercice, le monde son thêatre, la perception son mode de passage, la mémoire sa condition. Ainsi va l'invention.
Se concentrer sur l'infime pour appréhender l'univers. Recréer en même temps que l'expérience ce qui constitue sa possibilité même. Dépister les mécanismes de la vision pour y croiser le jeu de la mémoire, de la sensibilité et de la connaissance avec les déterminations biologiques....Autant de postures de Léonard dans lesquelles se manifestent à la fois l'excès d'imagination du scientifique qui déborde le sens commun pour se livrer à d'étranges hypothèses et la saisissante rigueur d'un poète qui, fort de ses intuitions, organise l'expérimentation systématique de quelques données immédiates.

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